DADVSI mon amour
Par Sid,
mardi 20 décembre 2005 à 16:33 :: DRM
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allait que j'en parle. J'ai réussi à me retenir de tomber dans ce sujet trollesque à souhait jusqu'à aujourd'hui, date à laquelle notre cher parlement s'attèle à l'examen de ce texte, transposition en loi française de la déjà controversée directive européenne EUCD. Je ne me lancerai cependant pas dans un énième commentaire du texte, parce que beaucoup l'ont fait avant moi, et surtout parce que je ne dispose pas de toute la compétence et l'éloquence d'un vrai juriste pour m'y risquer.
Il y a cependant dans tous ces textes, DMCA d'abord, EUCD ensuite et inévitablement DADVSI à présent, un biais qui a tendance à me hérisser le poil, à savoir cette volonté de légiférer à tout prix sur le contournement des moyens de protection, au détriment du droit à la copie privée mais aussi celui d'accéder au contenu tout court. Pourquoi ça me hérisse ? Non pas que je sois un fervent défenseur de la copie illégale, loin de là. Juste parce que le passé nous montre que, dans la pratique, ces mesures technique qu'on n'aura plus le droit de regarder ne visent pas à protéger les œuvres de la copie illicite, mais bel et bien à instaurer des monopoles de fait par la restriction de l'accès aux œuvres culturelles à l'utilisation de systèmes fermés, non documentés et donc non-interopérables. Bref, ils visent à obliger l'utilisateur moyen que je suis à payer ma dime juste pour pouvoir lire un film, un morceau musical ou encore un livre électronique, alors qu'il aurait été acquis en toute légalité (moyennant argent évidemment), en ce que je me retrouve dans l'obligation d'acquérir un matériel ou un logiciel spécifique dans ce but. La double peine en quelque sorte, on paie deux fois.
Fiction ? Un seul exemple, le système archi-connu de protection des DVDs, le système CSS (Content Scrambling System). Protection contre la copie ? Risible. Par contre, une jolie protection d'un monopole de fait, toute personne voulant implémenter un lecteur de DVD logiciel ou matériel devant s'acquitter d'une licence permettant d'accéder au précieux secret du chiffrement CSS. Je pourrais également mentionner tous ces systèmes de vente de morceaux en ligne, censés libérer la musique et qui s'avèrent ne pas être utilisables sous tous les systèmes d'exploitation et fortement restreindre l'utilisation des morceaux achetés (enfreignant au passage le droit à la copie privée). Je ne m'étendrai pas non plus sur toutes ces protections qui, non contentes d'être d'une efficacité à faire pâlir toute tentative d'implémentation du mouvement perpétuel, rendent l'accès au médium impossible sur certains matériels un peu anciens.
Maintenant, quelle est la réalité ? Reprenons l'exemple du DVD. Combien y-a-t-il de logiciel libre de lecture de DVD à s'être acquitté de la licence CSS[1] ? Ce ne serait pas 0 par hasard ? Combien de logiciels commerciaux permettant de lire un DVD sous Linux ? 1, et il n'est plus vendu/maintenu à ce que je sais. Sous BSD ? 0. Etc. Alors comment faisons-nous, nous autres utilisateurs de logiciels libres pour accéder à ces contenus ? Autre formulation. Dans la mesure où personne ne nous fournit les moyens d'accéder normallement (même en payant) à ces contenus, comment fait-on sans contourner les protections mises en place ? Doit-on attendre un espèce de miracle qui nous permettra de conserver la liberté de choisir nos outils informatiques pour accéder à ces contenus ? Un monde rêvé dans lequel tout le monde se serait mis d'accord sur un système de protection ouvert, s'appuyant sur une architecture publique de certification et de distribution de clés, permettant à quiconque d'accéder aux contenus qu'il protège. Ah ouais, mais faudrait se sortir un peu les doigts du cul pour pondre un truc comme ça, alors qu'il est tellement plus simple d'attendre que d'aucuns légifèrent autour de la protection de systèmes miteux à côté desquels le WEP fait figure de chef d'œuvre.
Mais bon, puisqu'il faut mettre de la confiance à l'intérieur de l'Internet pour que les gens puissent y vendre de la musique et des films. Soit. Puisque nos chers parlementaires nous le disent, nous pouvons les croire, étant bien connu qu'aucun lobby[2] ne les influence jamais. Soit. Dormons donc tranquilles, on veille sur nous, et surtout sur nos machines, comme on déjà commencé à le faire nos amis de chez Sony[3], qui auraient mieux fait d'attendre un peu avant de balancer leur rootkit. Qui sait, ils auraient sûrement pu faire interdire l'analyse et la désinstallation par ce qui sortira du DADVSI...
Pour la faire courte : that stuff really pisses me off.
Commentaires
1. Le mercredi 21 décembre 2005 à 19:56, par jme
2. Le mercredi 21 décembre 2005 à 20:03, par jme
Réponse de Sid
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