Comme je le précisais précédemment, mais je vais en rajouter une couche : je n'ai pas d'avis sur la qualité intrinsèque des produits de cette société. L'expérience que j'en ai remonte à quelques années et n'est probablement plus d'actualité. Mais là n'est pas la question. La question, c'est plutôt de savoir de qui on se moque quand on publie ce genre d'emphase sur son site web et ses plaquettes commerciales.

On sent bien que quelque équipe de marketteux a du sacrément phosphorer pour accoucher de cette prose. On sent bien qu'il n'ont dû ménager ni leur énergie, ni leur temps, et que pas mal de neurones sont restés sur le carreau. Et franchement, ça claque. Dire autant de choses en à peine quarante mots, c'est de la haute voltige stylistique. Aucun doute là-dessus. Et forcément, si j'étais le client, je me sentirais en droit d'attendre d'un tel travail qu'il délivre un message propre à mettre mon produit en valeur. Est-ce le cas ici ? J'en doute fort, et même au delà du monde relativement petit des technico-techniciens, devant une telle explosion de superlatifs qui se révèle alors un bijou de contre-productivité.

On me rétorquera que je sors le passage du contexte. Certes, mais je ne pense pas le dénaturer pour autant. En particulier lorsqu'il est immédiatement suivie par un grand classique du genre dont la véracité a pu être maintes fois mise à mal par la passé sur de nombreux produits :

Le moteur ***** a été conçu pour détecter à la fois les
attaques connues ou inconnues.

Ce qui m'amène à m'interroger sur les relations que peuvent avoir les gens du marketing, plus largement la communication, et ceux de la production. En particulier, je me demande si ces derniers se rendent vraiment compte comment les premiers, souvent par excès de zèle certes, dénaturent leur travail, quand ils ne le ridiculisent pas. Rien que reproduire "la culture et la logique" de quelqu'un, même sur un sujet très particulier, est tâche difficile. Mais quand il s'agit de factoriser l'expérience de plusieurs, avec toutes les différences et les spécificités que ça implique, je reste songeur. Et quant à en retirer un moteur qui serait meilleur que tous ses gens là, sous prétexte qu'il intègrerait la somme de leurs expérience... Franchement...

Prenez l'exemple des filtres anti-spam. Ces outils sont la somme de plusieurs techniques issues de la réflexion et du travail de pleins de gens observateurs et compétents, allant de mesures très simples comme la vérification de conformité[1] à des choses plus compliquées comme l'analyse statistique des messages[2], en passant par des contre-mesures comportementales[3]. Pour autant, même en additionnant toutes ces analyses, toutes ces techniques, tous ces outils, obtient-on quelque über-product ? Nullement, on le constate tous les jours. CQFD.

Encore une fois, je ne porte aucun jugement quant à l'efficacité de ces solutions. Par contre, quand je lis ça, je ne me peux m'empêcher de penser que quelqu'un, quelque part, me prend délibérément pour un con. Et vous avec.

Notes

[1] Vérification des entêtes vis-à-vis des RFCs.

[2] Filtres bayésiens par exemple.

[3] Typiquement, grey-listing.