Pourquoi Arnaud se sent-il obligé de me rassurer ? Tout simplement parce que je me sens dans un jour particulièrement prolifique. Sachant qu'il me reste encore à rentrer chez moi pour accomplir mon devoir citoyen, refaire ma valise et revenir à CDG destination Singapour, le sort a encore largement de quoi se montrer taquin avec moi. Et puis surtout parce que le disque dur susceptible de sauver le peu qu'il reste à sauver en me permettant de retrouver un portable fonctionnel se trouve justement dans cette valise. Et qu'étant un peu serré sur le timing, la perspective de faire la queue au service bagage déjà encombré[1] ne m'enchante pas franchement. Et je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment là, à voir défiler les valises des autres et pas la mienne, l'angoisse monte...

Finalement, ma valise pointera le bout de son nez. Par contre, mon snowboard, lui, profitera de quelques heures supplémentaires à Amsterdam. Arrivée prévue par le vol de 18h05, vous n'avez qu'à repasser le chercher dans deux heures, monsieur, bonne journée, au revoir. Ben oui, pourquoi pas ? Et je le prendrai sous le bras pour aller à Singapour où je ne manquerai pas d'en profiter par les quelques 28°C qui reignent sur place. Je serai allé à Dubai, je dis pas, mais là, franchement, bof... De toute manière, il n'est pas arrivé à l'heure prévue et après une demie-douzaine de coups de fil, la décision sera finalement prise de le faire livrer au bureau.

Alors oui, deux merdes complètement décorrélées sur le même voyage, oui, ça arrive.

Voilà de quoi mettre un joyeux point final à ce vol pourri. Pourri parce qu'il a vu mourrir mon disque, mais également parce que la personne qui m'a garanti au téléphone que la rangée 10 correspondait à une sortie de secours devrait apprendre à lire un plan de cabine, que le service déplorable était assuré par une porte prison et que l'écran individuel n'était en fait... qu'une plaque en plastique. Tout ça pour matter une version grossièrement édulcorée[2] du dernier James Bond sur un minuscule écran posé trois rangées devant... Et puis aussi parce que l'aller, qui avait toutes les raisons de partir en vrille à cause de la grève des contrôleurs aériens parisiens a finalement pris un peu plus d'une heure de retard à Amsterdam. Cause invoquée : aucune. Et puis parce que les bagages étiquetés prioritaires arriveront en dernier... Bref, départ de Vancouver Intl' avec presque deux heures de retard sur le planing, et encore trois heures de bagnole avant de pouvoir se poser. De quoi me remotiver à éplucher les lignes Skyteam pour trouver une nouvelle route pour l'an prochain. Et apparemment, il y a des correspondances intéressantes via Seattle sur Northwest ou Montréal avec Air Canada[3]...

Le tout me bouffe sympathiquement deux des quatre heures qui me séparent de mon départpour Singapour. C'est heureusement le moment où la poisse se décide à aller voir ailleurs. Je n'ose imaginer tout ce qui aurait pu m'empêcher de repartir avec une Debian fonctionnelle installée sur ce disque de secours, mais de manière relativement surprenante, en moins d'une heure, j'ai de nouveau de quoi lire mon mail. D'où l'intérêt d'avoir une ligne qui va vite et un bon graveur et surtout un disque vierge utilisable. Parce que graver avec une Knoppix n'est pas aussi simple, non pas parce qu'elle monopolise votre graveur pour ses propres besoins, mais tout simplement parce que sans disque, pas de quoi stocker l'ISO. Ceci étant, l'expérience montre que j'arrive à graver de manière très efficace depuis un montage FTPfs du miroir Debian de mon FAI. Ceci dit, je ne me sentais pas particulièrement joueur à ce moment là ;)

La suite s'est relativement bien passée jusqu'à présent. Pas de catastrophe, une conférence intéressante, des interventions qui se passent bien, ma board qui m'attend au bureau[4] et quelques diners sympathiques sur place. Mais je ne doute pas que le retour vers Paris puisse encore me réserver quelques surprises croustillantes. Pendant ce temps, mon défunt disque se trouve entre de bonnes mains, expertes en la matière, qui, je l'espère très fort, arriveront à en extraire quelque chose...

Notes

[1] Tiens, je ne suis pas la seul dans mon cas...

[2] Je me demande d'ailleurs pourquoi toutes les apparitions du défibrilateur ont été supprimées...

[3] Tant pis pour les miles.

[4] Reste à voir dans quel état...