Excellente question qui en appelle une autre. Peut-on vraiment définir le Web 2.0 ? J'en doute. C'est au pire une nouvelle tarte à la crème façon bug de l'an 2000[1] qui se nettoyerait aussi vite qu'elle est arrivée, au mieux quelque chose de tellement vaste, avec tellement d'angles sous lesquels l'aborder, que c'en est peine perdue. Entre les deux, tous les avis, toutes les définitions du monde, des tartines et des tartines dont, même si certains s'y emploient avec un certain succès, on a du mal à extraire un contour simple.

Ou peut-être pas. Au gré de mes surfs quotidiens... Ou bien est-ce quelqu'un qui m'a envoyé le lien ? Je ne sais plus. Mais bref. Je suis tombé sur cette vidéo dont l'auteur nous présente Web 2.0 et en parle beaucoup mieux qu'un long discours.

Séparer le contenu et la forme pour échanger de l'information, ajouter de nouveaux de contenus, les mélanger, etc. À grands coups de XML. Tout un programme qui peut avoir du sens... À condition qu'on adhère à cette vision du Web 2.0...

Toujours est-il qu'il est difficile de ne pas reconnaître que notre approche du Web a considérablement changé ces dix dernières années, passant d'un médium statique, voire pauvre, à un véritable outil interactif pour lequel la séparation entre contributeurs et lecteur n'est plus claire du tout. Et si c'était ça le Web 2.0 ? Juste le fait de permettre à chacun de devenir un acteur de la toile, de publier du contenu, son contenu ? L'essence de cette révolution technico-lexicale qui n'en finit pas de révolutionner le Web depuis trois ans tiendrait donc plus dans l'usage de l'outil que dans les moyens techniques qui l'animent. Séparer le fond de la forme, mais aussi l'usage de la technique. Et c'est probablement pour cela que nous, technico-techniciens, ne sautons pas au plafond à l'évocation du Web 2.0. Techniquement, ce n'est que la réutilisation, le perfectionnement et l'intégration de technologies relativement bien maîtrisées conduisant à des usages différents et des modes d'interaction nouveaux.

C'est un des aspects qui à mon avis fait des blogs un des piliers de ce Web 2.0 et qui explique en partie[2] leurs succès : l'interaction entre le rédacteur et le lecteur, entre les lecteurs et également entre les rédacteurs, par le truchement des commentaires, des trackbacks et autres blogrolls. Loin de vouloir empiéter sur la présentation que je ne ferai pas ou une autre, il me semble clair que cette interaction est le fondement de ce que d'aucuns appellent la blogosphère qui est loin, je pense, de se limiter aux seuls auteurs de blogs.

Mais bon, je vais arrêter de faire mon Loïc Le Meur et vous inviter à redescendre un peu sur Terre cinq minutes, histoire de prendre un peu de recul. Le genre de recul que je prends dans la gueule à chaque fois que je traverse la Méditerranée direction le Sud. Le Web 2.0, ça sert probablement à pleins de choses, autres que raconter sa vie, mais seulement à ceux qui y ont accès. Pour les autres, comment dire, ça ne résoud pas les problèmes de tous les jours...

Pour ne pas conclure sur des choses graves de la vraie vie, parlons diversité. On m'affirmait encore récemment avec un aplomb à faire pâlir Bernard Tapi[3], qu'en informatique, la diversité n'est finalement pas aussi importante qu'on veut bien nous le faire croire. L'opérateur japonais NTT vient probablement d'infirmer cette belle théorie en plantant quelques millions d'abonnés pendant près de sept heures suite à la chute simultanée de plusieurs milliers de routeurs Cisco[4]. Me gardant bien de jeter la pierre au constructeur dont la responsabilité est forcément évoquée mais pas démontrée, l'erreur humaine étant à mon avis[5] la première des hypothèses à considérer, il faut tout de même reconnaître que quand on à l'essentiel de son parc qui tourne sur la même plate-forme, si ça part en sucette, ça peut fait très mal.


Donc, pour en revenir au très important volet des conférences, je ne vais pas à la JSSI, très probablement pas non plus à pH-Neutral, mais par contre, je ne louperai pas là cinquième édition du SSTIC qui s'annonce des plus intéressantes. À tous points de vue...

Notes

[1] Sur lequel je ne devrais pas cracher de la sorte vu qu'il m'a indirectement fourni mon premier emploi...

[2] Et en partie seulement.

[3] Je prends M. Tapi comme exemple, mais j'aurai pu faire référence à pleins d'autres personnages politiques, évidemment.

[4] Entre 2000 et 4000 selon les sources...

[5] Ainsi que celui de Môssieur...