J'ai donc testé le système pour aller faire le marché hier matin. Et bon informaticien qui se respecte, je me suis rué sur le site web pour me renseigner sur plusieurs points. D'abord le fonctionnement du système et en particulier les formules d'abonnement. Ensuite, récupérer la localisation de quelques stations dans lesquelles j'aurais pu déposer le vélo le temps de vaquer à me occupations. Chou blanc ! Comment ça marche ? 404. Formules d'abonnement ? 404. Carte des stations ? Vous l'avez deviné : 404. Recherche interactive de stations ? Pas mieux, toujours 404... Le site n'était hier qu'une suite de liens cassé, à se demander si quelqu'un a vérifié le site avant sa mise en ligne. Bref, en dehors de vidéos consultables en ligne qui apportent relativement peu d'informations précises, il allait falloir découvrir le système sur le tas. Direction la station...

Arrivé sur place, on découvre la station de location. On a une borne principale avec écran lecteur RFID, écran LCD et pavet numérique pour les toutes les opérations. Chaque point d'attache est équipé d'un voyant indiquant la disponibilité du vélo, d'un bouton pour la libération de la bicyclette et d'un autre lecteur RFID. La système marche de manière triviale avec la carte d'abonnement[1] : un quidam passe en effet cette carte sur le lecteur du point d'attache et libère immédiatement son vélo. Simplissime. Les autres doivent aller à la borne qui fonctionne également avec le passe Navigo de la RATP, mais je n'ai vu personne utiliser ce moyen. Si vous n'avez ni carte d'abonnement, ni Navigo, il va vous falloir une carte de crédit avec laquelle vous pouvez souscrire un abonnement court de 24 heures ou 7 jours à un et cinq euros respectivement, moyennant un dépôt de garantie de 150 euros. On suit les instructions, on met sa carte, on tape son code le cas échéant. On doit ensuite choisir un code personnel et on se voit enfin délivré un ticket portant son numéro abonné. Pour retirer un vélo, on entre son numéro puis son code personnel. On se voit alors proposé la liste des vélos disponibles. Il n'y a plus qu'à en choisir un, aller au point d'attache correspondant, appuyer sur le bouton, tirer le vélo[2] et c'est parti. Pour rendre le vélo, c'est très simple : on le place dans un point d'attache disponible et c'est fini.

Point de vue sécurité, ils n'ont pas commis la même erreur que les allemands. Le cœur du système n'est pas attaché au vélo, lequel ne dispose manifestement que d'un dispositif d'identification permettant de le reconnaître lorsqu'il est attaché en station, et donc de savoir quel abonné l''emprunte puis où et quand il est retourné. Dans le mesure où le système repose fortement sur l'utilisation de RFIDs, il s'agit du vecteur d'attaque évident, qu'il s'agisse de clôner une carte d'abonnement, un passe Navigo ou tout simplement celui d'un vélo. Le bénéfice à la clé n'est pas énorme. Pouvoir emprunter un vélo dont la première demie-heure d'utilisation est toujours gratuite... Hormis les paranoiaques de l'anonymat, je ne vois pas. Quant à le voler, j'en doute. Le bestiau de 22kg à la pesée se reconnait comme le nez au milieu de la figure et n'a rien de vraiment désirable comme objet personnel. Mais sait-on jamais ?

Autre vecteur possible, le site web. Ce dernier gère en effet les abonnement. On pense de suite à de possibles fuites malheureuses d'informations, à l'instar de celle dont a souffert le site Navigo l'an dernier. On peut aussi penser à d'autres points, cependant difficiles à évaluer. Le site semble permet de récupérer des informations sur l'état des stations. C'était jusqu'à cet après-midi une supposition, quelque peu confirmée cependant par le source de la page web ainsi que les JavaScripts embarqués :

<script type="text/javascript">
      //i18n
   function GmapsTexts() {};

      GmapsTexts.station_num =
                        "Station n°";
      GmapsTexts.station_details =
                        "Détails sur la station";
      GmapsTexts.loading_message =
                        "Chargement des données en cours...";
      GmapsTexts.available_bikes =
                        "Vélos disponibles :";
      GmapsTexts.free_capacity =
                        "Points d'attache disponibles :";
      GmapsTexts.total_capacity =
                        "Nombre total de points d'attache :";
      GmapsTexts.more_details =
                        "Plus de détails...";

À présent, la bulle sur la carte qui restait encore ce matin scotchée sur "Chargement des données en cours...", affiche le nombre de vélos disponibles et d'attaches libres. Les informations détaillées n'arrivent toujours pas, mais ce doit être une question d'heures. Ce type de fonctionnalité implique forcément une communication avec la base de gestion des vélos, quelques requêtes et ainsi de suite. J'ai également entendu parler de la possibilité de "réserver" des vélos, mais je n'ai rien vu de tel en ligne pour le moment. Si c'était le cas, on pourrait penser à des opportunités de DoS.

En tout cas, de nombreux sites fleurissent, exploitant ces données pour fournir des cartes plus complètes, des calculs d'itinéraires, ou autres fins diverses et variées, parmi lesquels j'aime bien cet index des stations Vélib' qui fournit des statistiques d'occupation. En tout cas, le geek curieux aura de quoi s'amuser ;)

En définitive, clairement rien de comparable au Hack-a-Bike allemand.


Côté utilisation, les 22kg de l'engin se font tout de même sentir, même si c'est fait pour de petits trajets. Le vélo est globalement confortable et bien foutu. Large selle réglable en hauteur, grand guidon, trois vitesses indexées, freins à tambours efficaces, panier avant, antivol. La béquille façon moto semble en déconcerter plus d'un, mais bon, vu le poids, une béquille de vélo classique n'aurait pas tenu le coup. Gros bémol, le réglage de selle mal conçu qui tient mal la tige lorsqu'il est ouvert. Les poignées deviennent rapidement inconfortables et ne sont pas assez larges. En particulier, on ne peut pas éloigner sa main de la couronne de contrôle des vitesses, ce qui entraîne de temps en temps des changements de rapport inopportuns. Mais pour rouler moins d'une demie-heure, c'est largement suffisant et assurément efficace.

Seul vrai accro, la station la proche de ma destination était pleine, et la suivante m'obligeait à rebrousser chemin. J'ai donc poursuivi mon chemin jusqu'à destination et laisser le vélo. Comme on ne peut pas retirer deux vélos avec le même identifiant, je n'ai pas pu procéder à un échange en bonnne et dûe forme qui m'aurait permis de ne pas dépasser les fatidiques trente minutes. Mais bon.


Bref, Velib', ça marche et c'est bon, comme à Lyon me dit-on, alors mangez-en, en particulier ces jours-ci que les parisiens sont partis ;)

Notes

[1] Que je n'ai pas.

[2] Cette dernière opération doit être effetuée rapidement sous peine de voir le vélo se refaire verrouiller, synonyme de "je dois tout recommencer"...