Je ne me suis jamais fait jeter d'un pays, mais je dois bien avouer que ce n'est pas passé loin lors de mon arrivé à Abidjan en novembre 2003. Ayant obtenu tardivement l'autorisation d'y intervenir pour une conférence sur les logiciels libres, je m'étais embarqué dans le premier avion venu sans vérifier ce qu'on venait de me dire, à savoir que le visa d'entrée pouvait être obtenu sur place, à l'arrivée, comme cela se pratique dans pas mal de pays et comme cela avait été le cas le mois précédent pour mon entrée à Madagascar où je donnais une formation pour la Francophonie. Sauf que non, pas de visa à l'arrivée en Côte d'Ivoire. Direction les bureaux de l'immigration. Aussi je compatis pleinement à la frustration d'Halvar, sachant ce que c'est que de passer des heures à expliquer son cas devant un officier inflexible, mais qui ne fait jamais que son boulot.

Comme je l'écrivais plus tôt, il est donc impératif de vérifier les formalités d'entrée dans un pays, et auprès des instances officielles. D'autant que ce qui était vrai hier ne le sera plus forcément demain. Dans le cas de la Côte d'Ivoire, je serais passé sans problème quelques moi auparavant. En parlant des US justement, admirons le programme d'exemption de visa auquel les français peuvent prétendre pour entrer là-bas. Enfin, si leur passeport répond à certains critères... Jusqu'au 26 octobre 2005, un passeport à lecture optique, dit Delphine, faisait l'affaire pour se voir exempté de visa. À compter du 26 octobre 2006, un passeport électronique allait s'avérer nécessaire. Or ce dernier n'a été délivré en France qu'à partir du 12 juin 2006. Et entre le 25 octobre 2005 et le 12 juin 2006 ? Et bien on a eu droit à une période bâtarde de huit mois pendant laquelle furent délivrés des passeports qui obligent leur porteur à demander un visa pour se rendre aux US ou à changer de passeport. Et vu la procédure d'obtention d'un visa et son prix[1], l'heureux gagnant à tout intérêt à se fasse refaire un passeport tout neuf, d'autant plus qu'on le lui délivrera gratuitement s'il l'échange contre son vieux Delphine remis après la 26 octobre 2005. Simple, non ?...

Dans mon cas, c'est le parrainage de l'évènement par un ministère qui m'avait permis de bénéficier d'une procédure d'entrée réservée à des cas exceptionnels, procédure qui a pu être lancée et aboutir avant que je ne sois embarqué dans le vol suivant vers Paris. Comme quoi, ma poisse légendaire sait parfois se faire oublier... Halvar tentera de plaider son cas à l'ambassade des États-Unis pour pouvoir régulariser sa situation et y retourner dans la foulée. Chose qu'on lui souhaite. Mais même si par miracle ça passait, ce ne serait pas pour autant la fin de ses soucis. Ayant été refoulé une fois sous couvert du programme d'exemption de visa, il ne pourra vraisemblablement plus y avoir recours pour y retourner. Sans parler de l'arrivée sur place en ayant coché la case "Oui" en face de "L'octroi d'un visa ou l'admission aux États-Unis vous a-t-il déjà été refusé ?" sur le formulaire d'entrée.

Good luck, Halvar...

Notes

[1] 80 euros...