Outre le fait que je ne sois pas le "nouveau responsable de l'entité EADS France Innovation Works" mais juste responsable d'un laboratoire de recherche, celui de sécurité informatique en l'occurence, au sein de EADS Innovation Works, il se trouve que les propos que je tiens dans ce blog sont personnels et ne reflètent en rien les positions de mon employeur. Quand on lit mes lignes, on n'écoute donc pas EADS. On l'écoute d'autant moins que, comme je le précisais à la table ronde de la JSSI 2006 lorsque j'ai eu à répondre sur l'épineux sujet du Blackberry, je n'ai aucune responsabilité dans la gestion du système d'information d'EADS et ne suis donc pas en position de m'en faire le porte-parole.

De plus, mon billet ne manquera pas de décevoir quelques abonnés avides de nouvelles croustillantes dans la mesure où, comme l'ont noté plusieurs lecteurs fidèles de ce blog :

  • je n'y fait aucune révélation ;
  • je ne révèle aucune information qui n'ait pas été publiée depuis presqu'un an ;
  • je n'y donne même pas mon opinion personnelle.

J'essaye juste de mettre un peu d'ordre dans ce qu'on entend à droite et à gauche en revenant aux faits. Et seulement aux faits.


Comme quoi, même avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de maintenir cette séparation entre activités personnelles et professionnelles, de faire en sorte que le premier ne soit pas confondu avec le second. Il y a longtemps déjà, on m'opposait l'implication de mon employeur de l'époque dans la modération de fr.comp.securite. Mais ça arrive aussi dans l'autre sens. Souvenez-vous en juin 2006, un de mes billets était utilisé à plusieurs reprises comme pivot pour tenter d'associer la Rstack à l'affaire Clearstream qui battait alors son plein. D'aucuns expliquent cela par la rançon du succès et de sombres histoires récurrentes de chapeaux qui déteignent. Soit. À l'époque, devant la débilité des propos tenus, le silence demeurait la meilleure réponse.

Pour créer cette barrière, certains choisissent l'anonymat. C'est le cas par exemple de Maître Eolas avec son "Journal d'un Avocat" et de Zythom avec son "Blog d'un informaticien expert judiciaire". Or ce dernier, largement consacré à son métier d'expert judiciaire en informatique, fait aujourd'hui l'objet de critiques apparemment violentes de la part de confrères qui verraient d'un mauvais œil que les activités de leur corporation y soient décrites de la sorte, allant jusqu'à menacer de saisir la commission de déontologie du conseil national des experts de justice. Tout un programme qui montre que même dissimuler son identité et les détails de son activité ne protègent de rien.

Alors que faire ? À l'heure où Petite anglaise savoure tranquillement une victoire largement commentée dans la bataille juridique qui l'opposait à son ex-employeur, la question reste entière et, à part arrêter de publier, la réponse semble tenir de la quadrature du cercle.


Vous l'aurez compris, le but de ce billet n'est pas de s'insurger contre cet article d'Hervé, même s'il y aurait quelques lignes à discuter, mais juste de remettre les choses au clair quant à l'éventuelle relation entre le contenu de ces lignes et mon employeur. Parce que la relation, c'est qu'il n'y en a pas, ou presque. Presque, d'abord, parce que mon travail tombe parfois sous le sceau de la confidentialité, ce qui m'oblige à ne pas aborder certains sujets. Et je ne les aborde pas. Presque, ensuite, parce que comme tout être humain, ce que je fais de mes journées influence ma vision des choses, et donc ce que je peux écrire. Pour autant, cela ne fait pas de ce blog une tribune pour les positions d'EADS en matière de sécurité informatique. Presque, enfin, parce que la sécurité informatique est à la fois une passion et mon métier. Et s'il est formidable de pouvoir concilier de la sorte activité professionnelle et passion, il n'en reste pas moins difficile de tracer une telle ligne de démarcation.

Et maintenant que tout ceci est écrit, si certains veulent se faire des idées, qu'ils continuent. On va pas se faire suer la vie, elle est comme ça difficile, hein, surtout pour ça.