En effet, à l'instar des DVD, les disques et lecteur Blu-ray sont zonés. On est certes passés de six zones géographiques à trois, mais ce que beaucoup considèrent comme un problème, ou tout du moins un état de fait légèrement agaçant, reste bel et bien là. Il suffit pour s'en convaincre de lire quelques forums spécialisés...

En fait, le problème ne se situe pas tant au niveau du zonage Blu-ray proprement dit mais surtout de celui du module DVD des lecteurs. La plupart des potentiels acheteurs montrent en effet des réticences très claires à investir dans un matériel relativement cher qui se révèlerait incapable de lire une partie, parfois importante, de leur vidéothèque. D'où le nombre impressionnant de messages dont l'objet est la recherche de code de dézonage pour la partie DVD de leur futur achat. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que pour pas mal de modèles, c'est un peu choux blanc.

Certains constructeurs ont bien compris qu'il y avait là un marché à prendre. Au lieu de se lancer dans le Blu-ray, ils proposent des lecteurs de DVD avec un upscaler en 1080p à des prix nettement plus abordables. Des lecteurs qui se dézonent en deux coups de cuillère à pot. Comme par hasard... Certes, la qualité d'image d'un DVD upscalé en 1080p est inférieure à celle d'un Blu-ray. Il n'y a pas photo. Cependant, entre sortir 350EUR pour un bon lecteur Blu-ray qui ne lira pas une bonne partie de vos DVD et 90EUR pour un lecteur DVD dézoné qui upscale bien, voire très bien, le choix est vite fait. En particulier quand certains de ces lecteurs sont équipés d'une entrée USB et supportent une quantité impressionnante de formats vidéo.

Tout ça pour dire que je me demande vraiment quand l'industrie des médias va percuter que ces histoires débiles de zones ne leur apportent rien. Pire, qu'elle ne font que freiner l'adoption de nouvelles technologies. Décidément, il y en a qui sont longs à la détente...


Sinon, pour faire suite à la seconde partie de mon billet précédent, l'EFF nous annonce qu'un juge a finalement levé l'injonction interdisant à des étudiants du MIT de présenter leurs résultats sur la sécurité du système Charlie équipant le métro de Boston. Je vous conseille également l'interview de Zack Anderson, un des étudiants en question, par PopularMechanics.

C'est une bonne nouvelle, mais qui ne doit pas nous faire oublier que cette pression juridique abusive, bien que passagère, a atteint en partie son but puisqu'ils n'ont pas pu faire leur présentation à Defcon. Par contre, pour ce qui était de limiter la publicité faite à ces travaux, c'est un peu loupé, comme à chaque fois qu'on sort une injonction de ce genre...


Et bien évidemment, le gros buzz de la semaine revient à RedHat, après la compromission d'une partie de l'infrastructure Fedora, en particulier un serveur servant à signer des paquetages, mais apparemment sans accès aux clés, et, comme si ça ne suffisait pas, une autre intrusion a été détectée. Celle-ci a permis à l'attaquant d'émettre des paquetage OpenSSH dûment signés.

Bref, c'est pas la joie chez RedHat en ce moment... Ça rappelle quelques incidents similaires chez Debian dont un élément important des compromissions avait été une faille noyau. Faille noyau ? Ça me rappelle un truc récent, mais je n'arrive pas à remettre le doigt dessus...


Et pour reboucler sur nos chers DRM, ou plutôt les mesures d'identification des méchants contrevenants qui ne méritent que la potence, je vous conseille la lecture de ce papier qui discute de l'efficacité des schémas de surveillance appliqués sur BitTorrent. Très intéressant...