Ensuite pour la communauté de la sécurité informatique en France dans son ensemble. Car si ce procès n'a pas été celui du full-disclosure comme certains ont bien voulu l'annoncer, il a tranché dans le vif quand à la recherche de faille (volontaire ou non) par débugging/désassemblage/décompilation, motif on ne peut plus légitime, mais qui ne rend pas pour autant l'action licite. Et pourtant, suite à tous les débats qui ont pu être lancés sur le BlackBerry ou encore plus récemment sur Skype qui rappelons-le a été bani des universités françaises en raison de suspicions sur les problèmes de sécurité qu'il serait susceptible de poser[1], il n'est point difficile de se convaincre de l'utilité, souvent publique, de telles pratiques. C'est en tout cas ce qu'avance timidement le rapport sur la Sécurité des Systèmes d'Information du député Pierre Lasbordes en proposant d'introduire une exception au principe d'interdiction de la rétro-conception dans le Code de la propriété intellectuelle pour des motifs de sécurité. C'est toujours mieux que rien me dira-t-on, mais c'est trop tard pour le procès qui nous intéresse, et surtout, si c'est pour que le retrouver affublé d'un motif légitime, on n'aura guère avancé, le procès Guillermito ayant démontré l'opposition du ministère public à la moindre légitimité de l'action menée sur le logiciel, l'accusé n'étant pas un professionnel du secteur.

Bon, je vais essayer de laisser mon côté optimiste prendre le dessus et me dire que ce n'est pas grave, que ça va faire avancer les choses[2], mais ce dernier venant d'en prendre un sale coup au retour d'un évènement qui, comme tant d'autres, a encore montré l'importance d'évaluer la sécurité des logiciels qu'on nous propose, en particulier lorsqu'ils sont propriétaires, je crois que ça va être dur...

Notes

[1] Ceux que la sécurité de Skype intéresse et qui feront le déplacement à Amsterdam pour la BlackHat Europe ne manqueront pas la présentation de Philippe et Fabrice sur le sujet

[2] Auquel cas il faudra penser à lui ériger une statue quelque part