D'abord, en ce qui concerne l'importation des photos de l'appareil sur mon laptop, je n'utilise plus l'appareil en lui-même. Ça évite de se farcir des protocoles USB à la con et de bouffer de la batterie. Je me sers donc d'un lecteur de cartes flash. Et comme je n'ai que deux formats assez classiques à manipuler ça va très bien. J'ai donc un lecteur PCMCIA[1] que je n'utilise qu'en configuration matérielle légère pour économiser de la place[2], et un petit lecteur USB 2.0[3] qui est juste parfait. Ceci ne me sert qu'à déplacer les photos du support vers mon disque dur depuis lequel je ferai toutes les autres opérations.


Pour visionner les photos, j'utilise habituellement GQview. C'est un programme simple, rapide, supportant les tags EXIF et sans aucune fonction de retouche si ce n'est la rotation de l'image de 90° dans un sens ou dans l'autre pour fixer son orientation. J'apprécie ce logiciel parce qu'il va lire directement les fichiers, sans phase d'importation préalable, ce qui le rend parfait pour du visionnage immédiat. En fait, il est tellement bien que je vais le remplacer illico presto par un de ses fork, Geeqie, qui supporte en particulier les formats RAW. En ce moment, j'essaie aussi F-Spot, qui se veut un outil spécialement conçu pour la manipulation des photographies numériques. J'ai un peu du mal à me faire à l'interface dont il va falloir que je creuse un peu plus les options, et je trouve la phase d'importation lourde. Mais comme ce logiciel dépasse de loin le simple visionnage, ça devrait se voir compensé par le reste.

Dans les manipulation de base, on trouvera la gestion des données EXIF, sujet dont je vous ai déjà entretenu par deux fois. Mes habitudes n'ont pas changées dans ce domaine, j'utilise Exiv2 pour l'essentiel des manipulations, en particulier le renommage des fichiers en fonction de la date de prise et l'ajout d'entrées, et jhead pour batcher la réorientation automatique de l'image en fonction des données EXIF[4] et le décalage de la date quand il est nécessaire pour le tri des images. Exiv2 se montre en particulier utile pour exporter puis récupérer les données EXIF qui pourraient se trouver modifiées ou supprimées lors des phases de retouche[5] ou d'assemblage[6].

Je ne fait pas énormément de retouche. En fait, presque pas. En dehors de quelques redressements ou recadrages, je ne joue pas encore de manière régulière avec le traitement des couleurs ou l'introduction d'effets. Quand je veux retoucher une image, j'utilise habituellement GIMP qui possède une foule de fonctionnalités et de plugins adaptés à la retouche de photos. Le problème principal, c'est que tout ça est un peu ventilé à droite et à gauche dans les menus, et souvent un tantinet compliqué à prendre en main. On manque donc d'une interface simple et un peu spécialisée pour cet usage. F-Spot propose des corrections de base : redressement, recadrage, gestion des couleurs, réduction des yeux rouges, etc. Ça marche bien, ça va droit au but. Pour travailler les images en mode RAW, j'utilise UFRaw qui s'intègre dans GIMP et F-Spot, et permet également de batcher des traitements en ligne de commande.

Quand il s'agit de batcher des modifications, j'utilise principalement ImageMagick qui fournit une large collection d'outils en ligne de commande à des fins diverses et variées. Celui que j'utilise le plus est convert qui, comme son nom l'indique, permet certes de convertir des images dans différents formats, mais aussi et surtout de les redimensionner ou d'en altérer certaines propriétés. Il existe également un fork appelé GraphicsMagick qu'il faudra que je teste également, puisqu'il se vante d'être plus rapide, ce qui peut être appréciable quand on traite des lots de 500 photos...

Sinon, j'ai entendu pas mal de bien de CinePaint, mais je ne l'ai pas encore testé. Il faudra également que je teste la version Linux de LightZone, un logiciel commercial de retouche de photographies dit professionnel, histoire de voir si ça vaut vraiment le coup de larguer une cetaine d'euros. Là comme ça, j'ai comme un gros doute, mais bon, sait-on jamais...

Ensuite, j'aime bien jouer avec les assemblages. Celui que je pratique le plus depuis l'an dernier est la réalisation de panoramas. Le principe est simple. On prend tout un tas de clichés d'une même scène, souvent un paysage, en variant son angle de visée, puis on assemble les prises de vue entre elles pour obtenir un énorme cliché couvrant un angle de vue extrême pouvant aller jusqu'à 360°. Le plus souvent, il s'agit d'assemblages horizontaux, mais on peut aussi jouer verticalement ou, mieux, avec des mosaïques, voire des couvertures plus compliquées. Pour se faire, j'utilise hugin accompagné de autopano-sift, ou plutôt son port en C, autopano-sift-c, pour la découverte automatique des points de correspondance sur les zones de recouvrement. Je le précise parce que si Hugin arrive avec autopano-sift-c, les distributions les packagent souvent séparément, sans forcément de dépendance. Du coup, on se retrouve vite à devoir gérer les recouvrements à la main, ce qui, sans être difficile, n'en reste pas moins fastidieux. Pour plus d'informations sur la réalisation de panoramas, voir le Wiki PanoTools.

Le second type d'assemblage avec lequel je commence à peine à jouer est la génération d'image dites HDR[7]. Le principe est moins immédiat que pour le panorama, mais reste simple. L'idée de base est que pour certaines prises de vues, la plage dynamique d'une image unique ne suffit pas. Le cas typique est le paysage avec un ciel lumineux. Si vous réglez l'exposition sur le paysage, vous allez surexposer le ciel qui va ressortir blanc. À l'inverse, si vous réglez sur le ciel, votre paysage sera sous-exposé et ressortira presque noir. Le HDR en photo numérique consiste à prendre plusieurs fois le même sujet avec des expositions différentes[8] et de superposer ces clichés en ne conservant que les parties intéressantes, permettant d'obtenir une plage dymanique étendue et une bonne exposition sur l'ensemble de l'image. L'outil typique pour faire ça sous Linux est le frontend Luminance[9] qui est assez facile à prendre en main, mais c'est loin d'être le seul outil disponible. Si vous voulez en savoir plus sur le HDR, je vous conseille la vidéo d'une présentation de Pierre-Henry Muller, ainsi que son blog sur le sujet.

Enfin, pour la mise en ligne des photos, j'utilise une galerie très simple en PHP, Original, que j'ai agrémentée de quelques patches maison. Je l'ai choisie parce qu'elle ne nécessite aucun traitement côté serveur. Toutes les opérations de conversion de taille et la création de la structure sont réalisées localement avec un script shell. Il ne restera plus qu'à copier l'intégralité du répertoire généré dans l'espace dédié. F-Spot dispose d'une interface pour Original qu'il faut que j'essaye rapidement. Le seul truc un peu gonflant à ajouter à Original a été l'extraction l'entrée LensType du tag propriétaire MakerNote de Pentax pour afficher l'objectif utilisé. Un jour, il faudra quand même que je teste Flickr, pas pour remplacer Original, mais pour mettre en ligne des sets plus réduits.


Un vieil article de VirusPhoto m'a servi de point de départ au début. Le Wiki de Ubuntu-fr possède aussi quelques pages bien utiles, qu'il s'agisse de listes de logiciels, de plugins ou de tutoriaux. Enfin, si vous manipulez également vos photos sous Linux, je suis évidemment preneur de tout commentaire, conseil, avis sur la question :)


Ah oui si, j'oubliais un petit soft hautement indispensable parce que complètement inutile, ou presque. J'ai nommé pkremote, modifié pour supporter le K20d. Il permet de contrôler complètement[10] un DLSR Pentax compatible, dont le K20d, depuis son PC sous Linux via le câble USB, à coups de clicks de souris, vautré au fond de son siège. Ou imaginer des applications plus rigolotes. Trépied hautement recommandé...

Notes

[1] Qui se gère en activant CONFIG_PATA_PCMCIA.

[2] Parce que ça rame d'une force... Any explanation/tip welcome...

[3] Que je remplacerai bien par un stick si j'en trouvait qui gère SD et xD...

[4] Que supporte mon K20d.

[5] Genre GIMP qui trash le MakerNote...

[6] Typiquement les panoramas avec Hugin.

[7] High Dynamic Range

[8] On appelle ça le bracketing.

[9] Autrefois connu sous le nom de Qtpfsgui.

[10] À l'exception de la bague de zoom, qui n'est pas motorisée.