C'était un mardi. Un deuxième mardi du mois durant lequel se tenait une des réunions mensuelles de l'OSSIR. Ça se déroulait à l'Institut Pasteur, dans le 15e, à deux pas de chez moi. À la pause, on nous avait annoncé qu'un avion venait de percuter le World Trade Center. Je ne me suis rien imaginé de plus qu'un avion de tourisme perdu ou volant trop bas...

Ce n'est qu'en rentrant chez moi, alors que je dépilait mes emails de la journée, que j'ai découvert petit à petit l'affreuse réalité. Certains messages venait de personnes suivant le direct : les avions qui percutent le tours, la première qui tombe, puis la seconde. Certains étaient assortis de liens vers des vidéos. À l'époque, je recevais la télévision sur mon desktop, vieille habitude acquise pendant mes années d'études et que je n'avais pas encore délaissée. Le temps de booter l'engin et je me retrouvais à contempler, incrédule, les flashes spéciaux qui tournaient en boucle et leurs images des avions traversant les tours, des flammes, des gens qui se jetaient dans le vide et, enfin, de l'écroulement successif des deux édifices jumeaux.

Je me vois encore essayer de joindre des amis que je savais sur place. L'inquiétude, puis le soulagement d'arriver à les joindre par email ou via IRC. Je me vois réaliser, lentement, ce qui vient de se produire, sans pour autant imaginer comment cela allait changer le monde dans les années qui allaient suivre. Je me vois essuyer des larmes devant l'horreur d'une catastrophe qui allait servir de justification à tout et n'importe quoi.

Ça fait dix ans. C'est loin. Mais quand je revois ces images, quand je pense aux deux mille six-cent personnes qui sont restées prisonnières des flammes, du béton et de l'acier, et plus largement des trois mille qui ont perdu la vie ce jour là, j'ai l'estomac qui se noue et les yeux qui s'embuent...
Finalement, c'est rien dix ans...