Car Internet n'est in fine qu'un outil de communication. Un outil de communication certes puissant, d'une portée énorme et sans commune mesure avec ce qui avait pu exister avant, mais un outil de communication tout de même. Twitter, Facebook ou encore le Speak-to-Tweet de Google n'en sont que des extensions spécialisées, et il serait bien présomptueux de leur attribuer la chute du régime tunisien ou la vague qui fait trembler le pouvoir égyptien. Les acteurs, les vrais, sont ceux qui les utilisent.

Ceux qui s'en servent pour braver la censure, exprimer leurs idées, échanger et mobiliser ces mouvements. Ce ne sont donc ni Twitter, ni Facebook qui ont fait descendre près d'un million de manifestants[1] dans le centre du Caire, mais des vrais gens, qui les utilisent certes, mais risquent surtout leur vie en se mobilisant. Ce sont d'autant moins ces sites qu'il n'y a pratiquement plus de connectivité en Égypte, les tous derniers accès utilisables se faisant couper les uns après les autres. Ce qui tend au passage à montrer que si Internet ne fait pas tomber les régimes, le contraire peut être vrai localement. Ce qui montre également le statut de support d'Internet qui joue ici un rôle de facilitateur. Un facilitateur puissant, certes, mais un facilitateur quand même. Car si, comme je titrais, Internet ne déboulonne pas les dictateurs, il contribue à l'organisation de mouvements qui peuvent mener, eux, à leur départ...

Je ne prétends certes pas me lancer là dans une pseudo analyse géopolitique de comptoir sur le véritable rôle d'Internet dans ces mouvements. Ce n'est pas mon but. Mais bien que je sois persuadé de l'impact significatif du réseau dans tout ça, j'avais quand même envie de réagir à cette foultitude de commentaires au ras des pâquerettes[2] qui ne font, à mon sens, que dévaloriser la substance de ces évènements. Car résumer le combat de ces peuples à une avalanche de tweets, je trouve ça mesquin, voire grossier.

Notes

[1] Chiffre annoncé par Al-Jazira à l'heure où j'écris ces lignes.

[2] Qui se trouvent fort heureusement contre-balancés par d'autres articles bien plus pertinents amha.