Au doigt et à l'œil
Par Sid,
lundi 12 décembre 2005 à 22:48 :: (In)Sécurité
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n me balladant sur Slashdot, je suis tombé sur un article selon lequel une chercheuse avait réussi à tromper des lecteurs d'empreintes digitales avec de la simple pâte à modeler. Le taux de réussite de sa technique est annoncé à 90%. Replacé en perspective avec un article de Tsutomu Matsumoto publié en 2002, dans lequel il expliquait pouvoir tromper des lecteurs avec des moulages en gélatine alimentaire, cet article tendrait-il à montrer le peu de progrès fait par ce type d'identification biométrique ? Il n'y a qu'un pas, et un tout petit...
Toujours est-il que tout cela nous montre bien que les technologies biométriques, annoncées il y a quelques années comme la solution d'authentification ultime, ne tiennent pas leurs promesses. Et pour cause. Tout d'abord il ne s'agit pas d'authentification, mais d'identification. On identifie un élément physique biologique (empreinte digitale, rétinienne, vocale, etc.) et on passe directement à la case authentification en supposant que seul l'utilisateur légitime est en possession de ce facteur d'une part, et que ce facteur n'est pas duplicable d'autre part. Est-ce vraiment le cas ? Pour ce qui est des empreintes digitales, la réponse est à mon avis non, en tout cas aujourd'hui.
D'abord parce qu'une empreinte digitale n'a rien d'un secret. On en laisse partout, volontairement ou non, sur à peu près tout ce qu'on touche. Quiconque est allé une fois aux États Unis[1] s'est par exemple fait copier ses empreintes par les autorités américaines, et sans rechigner de surcroît. Ensuite, parce qu'il est non seulement possible (mais quelqu'un pensait-il vraiment le contraire ?), mais manifestement facile et peu cher, de copier une empreinte sous une forme acceptable par un nombre conséquent de lecteurs du marché. Efficacité ? Je vous laisse y réfléchir.
Ce qui me fait penser à ces laptops et autres PDAs avec lecteur d'empreinte digitale. Dans la mesure où ces équipements sont manipulés à longeur de journée par les doigts de leur propriétaire, dont un sert à les déverrouiller, peut-on considérer la fonctionnalité comme vraiment efficace contre le vol de données ? L'est-elle en tout cas plus qu'un bon chiffrement du disque classique avec passphrase, ou qu'un simple mot de passe ATA ? Et on ne parle pas de la qualité des lecteurs installés sur ces machines...
PS : la vignette est honteusement pompée sur La Cafetierre
Notes
[1] Ça, c'est rien que pour faire plaisir à Bartavelle
Commentaires
1. Le mardi 13 décembre 2005 à 11:52, par bartavelle
2. Le mardi 13 décembre 2005 à 14:54, par jme
Réponse de Sid
3. Le mardi 13 décembre 2005 à 23:47, par Nono
Réponse de Sid
4. Le jeudi 29 décembre 2005 à 01:22, par domrod
5. Le mercredi 15 février 2006 à 17:10, par luis
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